Mandritsara, un problème à résoudre !

Après Marotandrano, c’est dans la ville d’à côté, Mandritsara, que le devoir nous attend !
En effet, cette ville fait face à une réelle pénurie d’eau en saison sèche, notre mission est donc de faire l’état des lieux des installations existantes afin d’étudier la possibilité d’Hydraulique Sans Frontières d’y faire un projet. Nous retournons donc dans cette ville en empruntant la piste cabossée qui nous a causée tant d’encombres à l’aller, mais cette fois-ci rien à signaler !
A peine arrivé à Mandritsara, nous sommes reçu par l’adjoint au Maire et par les pères de la mission catholique. Ils nous expliquent que nous logerons dans l’hôtel éponyme du maire « Espace Gerard » et que nous prendrons nos repas à la Mission Catholique de Mandritsara. Arrivé à l’hôtel, évidemment l’eau ne coule pas, et l’électricité ne fonctionne pas non plus, rien de tel que de se mettre a la place des habitants pour comprendre la situation !

Le lendemain, nous revoyons l’adjoint au Maire afin qu’il nous explique clairement la situation, qu’il nous définisse les besoins de la ville et qu’il nous fournisse des documents utiles. Il nous organise également une visite des installations hydrauliques le lendemain auprès de la JIRAMA (l’EDF malgache) qui en a le contrôle. Tout cela en malgache, heureusement qu’il y a Miary dans l’équipe !

Vue de la ville depuis l’hôtel

Le lendemain, nous avons donc rendez-vous au siège de la JIRAMA afin d’aller en 4×4 à une source d’eau potable qui alimente une partie de la ville. En arrivant sur les lieux, nous pensons qu’il y a un problème car nous sommes 15 autour du pickup. Mais un problème de place n’en est pas un à Madagascar ! Nous nous entassons à 8 dans la benne arrière bâchée, accoudés sur des bidons d’essence. Le trajet pourtant court nous parait interminable !

Siège de la JIRAMA

Nous commençons donc l’ascension en compagnie de nos compagnons de la JIRAMA. Etant sur les lieux, ils en profitent pour vidanger et nettoyer le réservoir. Au vu de l’épaisse couche de boue au fond de celui-ci, nous continuerons donc à boire de l’eau minérale…

Nous continuons donc notre chemin à la recherche de la source. Quelques kilomètres plus haut, on découvre l’origine du problème : la source, bien que propre, a un débit extrêmement faible alors que nous ne sommes même pas encore en saison sèche !
Néanmoins, elle n’est pas seule à alimenter la ville. L’autre apport d’eau de la ville provient d’un captage dans la rivière, nous reprenons donc le 4×4 en direction de celle-ci. Ici, on découvre une avancée d’eau verdâtre dans le sable vaguement protégée par des clôtures en bois et parsemée de  déchets : bienvenu au captage d’eau potable !

Le captage d’eau potable dans la rivière

Pour comprendre le trajet de l’eau de la rivière jusqu’au robinet, nous reprenons le 4×4 pour y découvrir l’étape principale : la station de filtrage. L’eau, puisée à la rivière, arrive dans un décanteur de la station, elle est ensuite filtrée à travers un filtre à sable, traitée et enfin stockée avant d’être envoyée au réseau.
Nous constatons ici que les réservoirs sont vides, alors qu’il y a de l’eau à la rivière. Nous touchons du doigt l’autre problème majeur de Mandritsara : il n’y a pas d’électricité, donc pas de pompage !
Nous apercevons également les vestiges d’un projet d’eau potable qui n’a jamais abouti, c’est une piste à explorer pour nous et Hydraulique Sans Frontières !

Le réservoir d’eau potable de la station de pompage, l’échafaudage du projet non terminé en fond.

Une fois cette partie technique terminée, il ne nous reste plus qu’à aller collecter les données sanitaires dans les hôpitaux au cas où le projet d’eau potable voit le jour à Mandritsara, afin d’être capable de comparer les maladies avant et après l’arrivée de l’eau potable.
Il est bientôt temps de partir, nous retournons donc voir l’adjoint au maire afin de faire le point sur notre venue. C’est en réalité des journalistes qui nous attendent, on va passer sur trois radio locales pour expliquer la raison de notre venue à Mandritsara !
Quelques mots en Français de notre part, quelques phrases en Malgache de Miary, et le tour est joué, notre mission sur le terrain à Mandritsara est terminée !
Désormais, une mission bien moins intéressante mais tout autant chronophage nous attend : les rapports !

Marotandrano, deuxième partie !

Marotandrano deuxième volet c’est parti ! Après l’évaluation technique du réseau d’adduction d’eau le problème majeur qui se pose devant nous est dans la gestion de ce dernier. Non seulement les gens ne payent pas mais même l’association gestionnaire a l’air de s’en moquer… A titre d’exemple, le maire lui même ne payait pas l’eau et avait promis pour se faire élire de donner l’eau gratuite à tous les habitants du village pendant sa propagande (version malgache de campagne électorale) ! Difficile d’entretenir le réseau dans de telles conditions !

Vu l’état du filtre et du réseau en général, la gestion mise en place il y a 5 ans n’est plus efficace. M. Emile le président est vieillissant et doit être remplacé. Le souci pour nous : c’est difficile d’amorcer une telle transition sans parler malgache… Du coup nous appelons à la rescousse Miary et Benoît ! Ce dernier est un ancien de Hydraulique Sans Frontières et connaît bien le projet puisqu’il y est resté pendant un an lors de la construction en tant que Volontaire de Solidarité Internationale. Son aide sera précieuse et conjuguée avec la présence de Miary permettra de ré-impliquer HSF sur le long terme.

Réunion avec M. Emile le gestionnaire et le maire.

Nous enchaînons ainsi pendant la semaine sur une série d’interviews et réunions avec les acteurs principaux du village (maire, médecin du dispensaire, chef de la gendarmerie, président de l’association des notables du village, directeur d’école, père de la mission catholique, pasteur de l’église protestante) afin de redynamiser la gestion communautaire du réseau et que ces derniers travaillent conjointement pour assurer la pérennité des installations.

Le changement de président de l’association implique beaucoup de facteurs humains et culturels, chose que nous n’avions pas vu sur les précédents projets. Il faut prendre en compte les avis de tout le monde et le fonctionnement du village. Surtout dans un village où tout le monde se connaît !

Le père Théophin et le pasteur FJKM de Marotandrano avant la réunion

Nous arrivons finalement à amorcer un changement  en initiant une assemblée générale où la population élira le nouveau président. Le reste du travail sera pour Miary qui s’occupera de gérer la transition. Notre mission se termine et nous quittons Marotandrano en espérant que le changement sera efficace pour remettre en route pour longtemps ce projet !

Marotandrano, première partie.

Marotandrano, un petit village de 5000 habitants perdu entre montagne et brousse, où nous allons vivre pendant 15 jours pour évaluer le premier très gros projet de Hydraulique Sans Frontières. Entre poulets, zébus, cochons, oies et canards se baladant dans les rues, rizières contournant le village, c’est bel et bien dans la campagne malgache que nous sommes.

Deux cochons posant devant l’appareil

L’eau de Marotandrano est puisée à la source située à 18 kms du village, puis passe dans le filtre à sable avant d’être stockée dans 2 réservoirs. Plus de 60 kms de canalisations permettent d’alimenter 49 bornes fontaine en eau potable. Etant donné l’étendue du réseau, nous avons décidé de terminer la partie technique avant de s’attaquer à la gestion et à une étude socio-économique. Ainsi, nous avons parcouru tout le réseau accompagnés d’Emile, 70 ans et très en forme, président de l’association de gestion du réseau d’eau potable de Marotandrano. L’eau coule dans les bornes fontaine et c’est le principal ! Plusieurs robinets sont néanmoins cassés à cause de leur mauvaise qualité et de l’utilisation répétée.

Une borne fontaine à Marotandrano

Le filtre étant situé à 13 kms du centre, et la source à 5 kms de plus, nous sommes partis deux jours en excursion avec père Théophin, un jeune homme très sympathique, qui nous a accueilli lors de notre arrivée à la mission catholique, où nous étions logés et nourris durant tout le séjour. Cette randonnée de 60 kms en 2 jours nous a permis de visiter les bornes fontaine les plus éloignées, le filtre à sable, un réservoir et le captage de la source. Belle journée, pas de marche soutenus, nous sommes rapidement arrivés au village d‘Ampitambe où le gros de la journée nous attendait : le filtre lent sur sable et un bon repas pour reprendre des forces avant les 20 kms restants pour arriver à Antsiaksiak. Jules, technicien plombier s’occupant du réseau, nous attendait pour nous faire découvrir le filtre puis le captage. Nous nous rendons impatiemment au filtre et nous tombons bouche bée devant ce… désastre ! Ce n’est plus un filtre mais un marécage qui se trouve devant nous. Serpents, rat mort, arbustes, herbes, eau sale et madriers cassés représentent l’état actuel du filtre. Nous apprenons seulement maintenant que l’eau passe par le by-pass et n’est absolument pas filtrée depuis 2014, un an après la mise en marche du filtre. Nombre de questions nous viennent à l’esprit sur le chemin de la source, mais Jules n’y répond pas vraiment… Le captage de la source est heureusement en bon état avec une eau de montagne qui semble bonne. Nous retournons penauds à Ampitambe où seuls qulques moukaris (petits pains ronds malgaches) et mouf kida (beignets de banane) nous servent de repas.

L’état actuel du filtre à sable, qui n’est pas utilisé

Nous continuons notre marche pour Antsiaksiak, tout petit village coupé du monde où une chambre de deux lits simples (pour quatre) nous attend, heureusement que nous n’avons pas trop prit de kilos à Madagascar ! La journée finit sur une note positive : petit foot avec les enfants souriants du village, quelques photos du coucher de soleil et un bon repas à la bougie. Le lendemain à l’aube, nous entamons une nouvelle randonnée en forêt. Entre les herbes hautes, la forêt tropicale, les rivières à franchir et les sangsues s’accrochant à nos chevilles, ce n’est pas une partie de plaisir pour atteindre la magnifique cascade.

Petit foot avec les enfants d’Antsiaksiak

Nous retournons à Marotandrano les jambes lourdes. La seconde partie de notre mission peut débuter !

Le voyage interminable vers Marotandrano

Ça y est ! Il est temps de quitter Tana où nous avons eu le temps de nous reposer quelques jours à la Kaze des Volontaires. Il est l’heure du départ vers le nord pour atteindre le troisième projet : Marotandrano, un petit village de brousse ! Il faut 3 jours pour atteindre ce lieu, nous marquons ainsi notre premier arrêt à Tsarahasina après une dizaine d’heures de Taxi Brousse, pour y faire une première escale d’un jour. Ce n’est pas un arrêt anodin, puisque c’est le village où exerce Père Bertrand De Bourran, un prêtre envoyé à Madagascar par la Mission Étrangère de Paris il y a une vingtaine d’années. Depuis ce jour, écoles, dispensaires et réseaux d’eau potables émergent partout où il passe. Il a notamment travaillé avec Hydraulique Sans Frontières sur le projet Marotandrano, village où il travaillait à l’époque de la construction du projet d’eau potable, ce qui nous amène à sa rencontre. Le lendemain, nous faisons la connaissance d’autres jeunes « coopérantes » à la Mission Catholique de Tsarahasina : Clémence, sage femme, et Philippine, professeure de français, qui sont toute les deux en année de césure, envoyées par la Mission Étrangère de Paris pour des missions de coopération internationale. Leur riche expérience nous donne l’occasion d’en apprendre plus sur les problèmes sanitaires et les difficultés en terme d’éducation que rencontrent les villages de brousse. Nous embarquons ensuite dans la camionnette du Père Bertrand pour une virée en brousse afin qu’il nous montre les écoles qu’il a fait construire. Les collines ocres et paysages désertiques défilent à perte de vue, et tandis que la camionnette s’engouffre à travers la savane, nous réalisons que notre conducteur est en réalité autant chef de chantier que prêtre !

Père de Bourran, Thomas et Florian pour la visite d’une école près de Tsarahasina.

Après deux jours riches en rencontres et en expériences, nous reprenons le taxi brousse pour continuer le périple vers le nord, prochaine étape : Mandritsara ! Bien que nous sommes maintenant habitués à l’inconfort de ces trajets, celui-ci se révèle particulièrement pénible ! Nous roulons de nuit sur une route qui se dégrade à chaque kilomètre, entassés entre des enfants turbulents et des bouteilles de gaz. Dix heures plus tard, nous arrivons enfin à Mandritsara ! Nous sommes surtout soulagés de quitter l’odeur infecte et la musique étourdissante qui régnaient dans le taxi brousse.

Le taxi brousse en panne !

Après une nuit de repos, nous sommes impatients de quitter cette ville sans eau ni électricité pour entamer les derniers 40 km qui nous séparent de Marotandrano. La route n’est pas réputée bonne mais nous ne pouvions l’imaginer aussi mauvaise… Le taxi brousse ne peut pas aller au delà de 15km/h car la piste est parsemée de bosses, trous, montées et descentes vertigineuses ! Il y a même une personne qui court devant le taxi brousse pour réparer la route et rendre certains passages plus accessibles. La piste est si mauvaise que nous ne sommes même pas surpris quand le taxi-brousse tombe en panne une première fois, puis une deuxième et une troisième. Cette route infâme a finalement eue raison de l’ingéniosité de nos chauffeurs qui n’ont pas pu réparer le minibus une dernière fois, ce qui nous contraint de finir les derniers kilomètres à pied ! A l’horizon, après 6h30 de piste, se dessine un village entre rizières et collines. Les charrettes à zébus sont de plus en plus nombreuses, des enfants pieds nus rentrent de l’école : Marotandrano est devant nos yeux après une semaine de voyage ! Nous utilisons nos bases en malgache pour trouver le cœur du village et pouvoir enfin poser nos sac à dos pour plus d’une nuit.

Village de Marotandrano sous les belles couleurs du soleil

Suite du projet Brickaville

Le 06/05/2017

Après nous être intéressé à la rive droite ces derniers jours, il est maintenant temps de s’attarder sur la rive gauche et d’étudier la possibilité d’y apporter l’eau potable. Ceci constitue pour Hydraulique Sans Frontières la phase 2 du projet Brickaville. Ce projet consistera à réhabiliter un vieux barrage retenant une source, construire un filtre juste derrière et le relier à un réservoir d’eau de 250m3 désaffecté. Le problème : ces ouvrages sont en pleine jungle, éloignés l’un de l’autre et aucun chemin ne les relie ! Notre mission d’aujourd’hui : découvrir et tracer un chemin entre ces deux ouvrage pour voir où pourrait être implantée la conduite.

Nous commençons donc l’ascension en compagnie de nos compagnons de l’AJB, tous armés de machettes. Nous découvrons le barrage abandonné, ancré au cœur d’une végétation tropicale qui tranche totalement avec les rues boueuses du centre-ville. Nous prenons les côtes de l’ouvrage les pieds dans l’eau, afin d’avoir des données exactes qui serviront plus tard à HSF pour la réalisation du filtre.

Mesure du barrage les pieds dans l’eau !

Une fois les mesures prises, il faut maintenant trouver le réservoir : l’aventure commence ! Etant donné qu’aucun chemin n’est tracé, nous commençons à nous enfoncer dans la végétation à grands coups de machettes. Après avoir débroussaillé quelques mètres, on se croirait dans Indiana Jones ! La forêt tropicale luxuriante est extrêmement dense et au fur et à mesure des coups de machettes de véritables murs de végétaux se dessinent autour de nous ! En tant que bon vazahas, nous redoutions une attaque de crocodile, mais c’est en fait un nid de frelons qui se met en travers de notre chemin ! Aucun problème pour nos compagnons qui se contentent « d’assommer » le nid, à coup de feuilles de bananiers sous nos éclats de rire.

Welcome to the jungle !

Après 2 heures de jungle et rivières, nous atteignons la fin de l’expédition en apercevant enfin le béton du réservoir à l’horizon avec en prime une vue sublime sur Brickaville. On enregistre notre chemin sur le GPS depuis le barrage, cela donnera le chemin à suivre pour les conduites.
Direction l’hôtel pour une bonne douche relaxante au seau d’eau froide avec les cafards !

Vue sur la rive gauche de Brickaville

Le lendemain, c’est une mission totalement différente mais pas moins difficile qui nous attend ! En effet, le président de l’AJB est également professeur au lycée et il nous demande de venir « animer » un cours sur l’eau et les pratiques d’hygiène. On arrive donc au lycée, un peu anxieux car on ne sait pas du tout comment une classe de 2nd se comporte ici. On a eu la réponse rapidement, à peine entrés qu’un « Bonjour Monsieur et Madame » retenti en cœur avec les 45 élèves tous levés. Ils sont tous en uniforme et très disciplinés, l’enseignement est en Français mais ils ne le maîtrisent pas tous. Après de brèves présentations, on réussit à animer un débat sur l’eau potable et l’hygiène grâce à la participation des élèves et à Miary volant à notre secours en malgache quand des silences trop longs se font sentir…

Plutôt « animateurs » que professeurs !

Le cours se termine, et on va visiter la bibliothèque du lycée où on peut constater l’étendue des dégâts du cyclone Enawo. Même un mois après, les livres sont encore boueux et en train de sécher. Nous rentrons ensuite à l’hôtel dessiner les plans et planifier le reste du voyage. Notre mission à Brickaville est accomplie, nous quitterons donc bientôt la ville !

Arrivée et premiers jours sur le deuxième projet Brickaville

Le 04/05/2017

Après notre retour de Mahambo à Tamatave nous nous préparons pour le début du deuxième projet : Brickaville ! Les sacs terminés, on se dirige vers la gare de taxi brousse pour le trajet en espérant que cela ne sera pas trop long… Malheureusement on dirait que la chance n’est pas avec nous. Nous partons enfin après l’heure d’attente habituelle, dans un Taxi Be surchargé qui arrivera en plus de nuit, peu recommandé à Madagascar. Les 10-15 arrêts sur le chemin n’arrangent pas les choses, résultat 4h pour 90 km et une route noire à 80 km/h avec les trous qui arrivent masqués à cause des phares peu puissants ! Le pare-brise réparé avec des pièces de 50 Ar aurait dû nous mettre la puce à l’oreille…

Nous arrivons finalement sains et saufs, non sans frayeur, à Brickaville où nous attend «l’Hotel des Amis ». On nous avait prévenu que c’était rudimentaire la réalité nous le confirme bien ! Murs en raphia (sympa l’isolation sonore !), pas d’eau courante, douches et WC communs au seau, pas d’électricité avant 10h, cafards grouillants aux toilettes ça promet une belle aventure ! Pas d’internet non plus ce qui explique notre silence 😉

L’Hotel des Amis avec sur la droite les latrines et douches…

Le lendemain, réveil à 5h au doux son des coqs, zébus, klaxons et charrettes, nous sommes prêts pour attaquer par la visite des installations. A Brickaville, petite ville de 5000 habitants séparée en deux rives, a été construit l’année dernière un forage profond de 58m alimentant un château d’eau et un réseau de 27 bornes fontaines, lavoirs et latrines sur la rive droite de la ville.

Le réservoir sur tour de 17m

Ce qui nous marque en premier, ce sont les déchets, boues et eaux stagnantes dans la ville qui recouvrent les rues et témoignent de l’assainissement inexistant. Les installations sont néanmoins en bon état malgré le passage du cyclone Enawo il y a un mois. Dur de s’imaginer qu’il y avait deux mètres d’eau dans la ville il y a si peu de temps. Nous effectuons la visite avec M. Veve, professeur d’histoire et géographie au lycée, mais surtout président de l’association gestionnaire du réseau d’eau (l’AJB).

Les belles rues propres de Brickaville

Nous partons ensuite pour deux jours de sondages auprès de la population afin de mesurer les impacts du projet sur la population. Après avoir interrogé plus de 60 ménages, les réponses sont unanimes : l’accès à l’eau potable a nettement amélioré la qualité de vie des habitants. C’est également l’avis du maire qui a remercié Hydraulique Sans Frontières lors de notre rencontre avec lui à la mairie. Les sondages nous permettent également de se rendre compte des avancées mais aussi des améliorations à apporter, notamment les latrines qui manquent cruellement. C’est justement au programme des prochains jours où nous étudierons la phase 2 du projet, qui verra normalement la réalisation d’un réseau d’assainissement et la réhabilitation d’un ancien barrage pour alimenter la rive gauche de la ville.

Interview du maire de Brickaville !

Excursion à Mahambo

Le 01/05/2017

Après une grosse semaine de travail, nous décidons de prendre quelques jours dans une des perles sauvages de la côte Est : Mahambo. En tant que nouveaux initiés à la vie locale, nous prenons le « taxi Be » qui se fraie un passage entre les crevasses inondées de cette route infâme : pas moins de 3h pour 60km… Enfin nous arrivons à l’hôtel, un bungalow sur la plage et un paysage de carte postale s’étend devant nous ! Le sable fin, les cocotiers se balançant au vent, les lémuriens nous souhaitent la bienvenue, rien à envier à Tahiti !

La vue de notre bungalow …

Nous dégustons notre premier poisson les pieds dans le sable, avant d’aller se baigner et de s’essayer aux backflips sur le ponton dans la mer. La plage pour nous tout seuls, nous profitons du calme reposant éloignés des klaxons de la ville. Nous explorons ensuite les alentours à la recherche d’un spot de surf, et nous tombons sur le surfeur Rodrigue dans une petite gargotte sur la plage… Ici, tout le monde se connaît ! Nous rentrons à l’hôtel et le dépaysement est total une fois la nuit tombée : aucune lumière ici. Frontale, lémuriens, moustiques et mouches urticantes (dont le dos de Luc se souvient encore) sont aux rendez-vous pour la soirée.

Coquillages et crustacés au bord de la mer

Le lendemain matin, réveil à l’aube (6h30) afin d’aller profiter de la matinée de surf tant que le soleil ne tape pas trop… Rodrigue nous attend déjà avec les planches, et nous partons d’un pas décidé vers la baie Maxime où Thomas et Luc vont essayer le surf pour la première fois, tandis que « l’expert » Florian va tenter de dompter les vagues de Mada ! Nous sortons 3h plus tard complètement rincés de la session de surf, sans grands exploits notables. Nous mangeons rapidement, bercés par les anecdotes du patron du restau, avant de repartir en Renault R4 avec Tony et Laetitia, deux jeunes malgaches rencontrés dans le village. Nous perfectionnons notre malgache en prévision des futurs sondages pour le deuxième projet à Brickaville, affaire à suivre…

A la conquête de l’Océan Indien !

Retour sur le premier projet à Ambodibonara

Le 30/04/2017

De mardi à samedi (25-29 Avril 2017), direction Ambodibonara pour réaliser nos missions !  Ici on se la joue local, on prend le « taxi Brousse« ,  sorte de vieux minibus résistant chargé à 200% autant sur le toit qu’à l’intérieur. Il ne faut pas être gros à Madagascar ! C’est notre moyen de transport privilégié entre Tamatave où nous logeons et le petit village où a été réalisé le projet.

Après la partie technique où nous avons analysé en détail le filtre, les bornes fontaines, les latrines et les conduites (état général, relevés de compteurs, de pH, conductimétrie, débits, etc.), nous avons attaqué les sondages et interviews afin de mesurer les impacts et les changements dus à l’apport de l’eau potable dans le village. C’est la partie la plus importante de notre mission !

Les interviews personnalisées permettent de mieux connaître les personnages clés du projet : Nicolas (le gestionnaire du réseau), le directeur du collège, le « Chinois » plus gros consommateur du village qui utilise l’eau pour fabriquer une boisson vendue dans la région (légalité à vérifier…), l’adjoint au maire, une médecin du dispensaire et enfin le responsable des travaux opérés : Christian Be. Nous sondons également les ménages utilisant les bornes fontaines, sous des gargottes construites en arbre du voyageur à l’abri des pluies diluviennes !

Heureusement que Miary, salariée d’Hydraulique Sans Frontières à Madagascar, est là pour nous aider. Sa touche féminine et son malgache maternel nous permettent d‘aller au plus près des populations. Vu notre malgache plus qu’hésitant, nous aurions bien galéré pour y arriver seuls !

Une fois le travail terminé, on s’accorde le droit à une courte pause litchi juste le temps de tendre le pouce pour attraper un des taxi Brousse déjà plein à craquer ! Une fois arrivés, nous mettons de nouveau nos cerveaux en marche  afin de commencer le second travail de la journée : l’analyse des résultats ! Réponses des interviews et sondages, relevés de compteurs et calcul de débits, tracés de l’évolution des maladies grâce aux chiffres du dispensaire, fiches relatant de l’état des ouvrages du réseau… Pas le temps de sortir faire la fête sauf ce vendredi soir où un concert était organisé à l’hôtel ; première bière de la semaine !

 

En avant pour le premier projet: Ambodibonara

Le 26/04/2017

Ca y est, on aperçoit le pick-up de Christian Be, notre intermédiaire entre Hydraulique Sans Frontières et la commune du projet (Ambodibonara) qui vient nous chercher à l’hotel pour nous emmener découvrir le village dans lequel on va travailler avec Miary. Christian est un entrepreneur malgache du bâtiment, qui a notamment réalisé avec le soutien de Hydraulique Sans Frontières toutes les infrastructures et ouvrages hydrauliques de Ambodibonara : un filtre lent sur sable, un réservoir, un réseau d’adduction, 12 bornes fontaines, ainsi que des latrines.

Le filtre et le réservoir

Après 45 minutes à silloner les routes bordées de bananiers et d’arbres du voyageur on arrive à Ambodibonara et on se dirige directement vers le filtre, perché sur le haut d’un talu permettant une distribution par un système gravitaire qui ne nécessite pas d’apport extérieur d’énergie. Nicolas, le gestionnaire du réseau d’eau nous rejoint, et nous explorons les alentours du filtre jusqu’à la source où l’eau est puisée. Il nous explique le fonctionnement du filtre, que l’on avait vu jusqu’ici que sur plan, comment il assure sa maintenance,  comment il nettoie le sable filtrant, etc… Nous sommes même rentrés à l’intérieur du filtre préalablement vidangé, claustrophobe s’abstenir !

La borne fontaine n°5

Après cette brève première visite du filtre, nous faisons le tour du village et des différents acteurs : dispensaire, école, usine de boisson du village etc… afin de convenir de rendez-vous pour des interviews plus poussées. C’est ensuite parti pour un tour des bornes fontaines du village ! L’objectif est de vérifier que leur état est toujours bon 3 ans après et si non comprendre pourquoi leur entretien laisse à désirer ! Le village étant construit le long de la RN 2 reliant Antananarivo à Tamatave, il faut faire attention aux camions, taxi brousse et autres véhicules traversant le village à vive allure à grand coup de klaxon pour se dégager le passage !

Un « petit » camion dans le village

La faim se fait ensuite sentir sous ce soleil de plomb et nous nous attablons sur les bancs en bambou d’une gargotte locale. Au menu : pâtes aux légumes, beignets variés non identifiés, beignets de banane, le tout pour 20 centimes d’euros par personne ! Un vrai régal !

Les petits enfants venant chercher leur repas du midi à la gargotte

Pour le reste de l’étude nous attend un volet plus social où nous sonderons la population et les acteurs clés à propos du projet : quel est leur ressenti ? Y a t’il des problèmes ? Constatent-ils des améliorations dans la qualité de vie ? Tout un tas de question préparées en amont avec Hydraulique Sans Frontières !

La fine équipe avec Miary !

 

Voyage jusqu’à Tamatave !

Le 22/04/2017

Durant cette semaine passée à Tana, nous avons pu rencontrer Miary et Benoit, volontaires d’Hydraulique Sans Frontières qui ont participé aux différents projets. Nous avons ainsi pu préparer au mieux notre mission, notamment pour les villages de Fanandrana et Brickaville.

Mais maintenant place à l’action ! Direction Tamatave en taxi brousse, deuxième ville du pays, où nous logerons tout au long de notre action dans le village de Fanandrana. La route n’est pas si longue en distance (400km) mais c’est sans compter sur l’état des routes malgaches… Et effectivement 9 heures nous sont nécessaires pour en venir à bout !

Paysage pris en cours de route !

La route est vraiment magnifique, les paysages variés se succèdent. Rizières vertes et montagnes ocres nous offrent un spectacle resplendissant puis laissent progressivement place aux collines verdoyantes d’arbres du voyageur. Nous traversons également de nombreux petits villages aux batisses rudimentaires (bois et toits en rafia). Même une fois sorti de la capitale, impossible pour le conducteur de s’assoupir au vu des innombrables choses rencontrées sur le chemin.  Trous jonchant la route et obligeant à les contourner, virages secs et nombreux, zébus, poules et autres animaux mais surtout des vélos, villageois éparpillés et transportant des marchandises à même leur tête, charrettes sommaires qui témoignent de l’ingéniosité des malgaches pour recycler les choses…

Les aléas de la route malgache

Pour courronner le tout, les accidents ne sont pas rares ici ! La preuve sur notre chemin deux camions sont tombés dans le fossé ! Et ici pas de dépanneuse. La débrouille est encore une fois de mise : un autre camion vient aider à extraire le 36 tonnes tombé dans le fossé à l’aide d’une simple sangle en tissu. La scène est impressionnante et dangereuse sur la route escarpée mais quand même réussie.

Nous voilà donc arrivés sains et saufs à Tamatave prêts pour attaquer les missions sur le terrain. On a hâte d’y être !

La fine équipe accompagnée de Miary !